Voie Verte de Arrazola

Description de l'itinéraire
Dans la vallée de Atxondo
La commune de Atxondo ou « à côté du mont », faisant clairement référence au sommet rocheux de Anboto, est composée de hameaux dispersés et des villes de Axpe, Arrazola et Apatamonasterio. Alors que l’on traverse Apatamonasterio en empruntant la route BI-4332, sur la droite se succèdent la mairie, l’église de San Pedro et le fronton et à gauche, face au fronton, s’ouvre une petite place avec un grand arbre. La rue Ziarreta s’élargit à partir de cette place jusqu’à une aire de loisirs incluant des bancs, un parcours santé et une fontaine, située aux bords de la galerie ombragée de noyers, aulnes, érables et frênes couvrant la rivière Arrazola. Là commence la Voie Verte de Arrazola, aménagée par le Conseil de Biscaye.
Depuis l’aire de loisirs, un pont en béton enjambe la rivière, flattant notre vue en amont, la belle image composée d’une retenue d’eau et d’un pont arrondi d’origine médiévale. Sur l’autre berge, surgissent plusieurs chemins : à gauche se trouve un GR et en face, les traces d’un ancien chemin de fer droites et plates entre de vertes prairies.
Ces dernières font place à une nouvelle rencontre avec la rivière, sous l’ombre de hauts platanes, aulnes et frênes qui l’abritent. Allant de pair, la rivière et la voie prolongent sur quelques mètres de plus son idylle sous un dôme de noisetiers et de saules. Cependant, dans un souci de rectitude, en sortant du « tunnel » végétal, la plateforme du chemin de fer abandonne la compagnie de la rivière et s’approche du versant montagneux qui se lève brusquement sur la gauche. La vue escalade la montagne, attirée par la luxuriante végétation. Depuis la bande de chênes, aulnes et frênes profilant le bord inférieur, s’étend une dense pinède qui culmine sur les sommets de Memaia. Ensuite, la voie verte avance sur le côté gauche de la vaste plaine, un espace ouvert pouvant offrir d’impressionnantes vues sur les collines de pins qui, à droite, précèdent la crête montagneuse, haute, ronde et allongée qui depuis son sommet le plus haut, l’Anboto (1 331 m), s’étire vers le nord-est.
Barrio de Marzana
Au km 0,8, de hauts platanes profilent et ombragent la voie, annonçant la proximité de Marzaa ou Marzana. Le quartier le plus illustre de Atxondo possède un espace central ouvert, ombragé par de grands tilleuls, autour duquel se trouvent l’église de San Martín, plusieurs fermes et une tour de la Renaissance, du XVIe siècle. Là se situe également une élégante fontaine pour assouvir sa soif. Il est intéressant de se promener dans ce quartier et profiter de son patrimoine vétuste et accueillant et de la ferme Etxezarra, dont la porte gothique est originaire de la tour de Marzana. En ce qui concerne le chemin de fer, Marzana eut un quai de chargement pour les mines ouvertes en haut des collines.
En laissant Marzana dernière nous, la Voie Verte de Arrazola se poursuit sur le côté gauche de la plaine, traverse la route BI-4332 et avance entre de vertes prairies moissonnées, en quittant une aire récréative (km 1,3) avec toilettes, tables de pique-nique et jeux qui feront les délices des plus petits.
Après avoir croisé pour la deuxième fois la rivière et son frais sillage arboré (km 1,6), la vaste vallée de Arrazola se rétrécit. Les versants élevés de la colline Imietamendi (348 m) l’étranglent progressivement, jusqu’à acquérir l’apparence d’une gorge étroite. Dans un passage aussi étroit la voie verte augmente légèrement sa pente et rejoint un cours qui, accéléré et contraint, se déverse rapidement en sauts sonores et brillants sous une aulnaie luxuriante.
À la sortie de l’étroitesse (km 2,1) l’image de verdure et de large vallée se répète, maintenant avec des fermes en pierre disséminées, vieillies par les années, entre la ville arborée de Memaia et la crête calcaire de l’Anboto. Puis la voie s’élève sur un talus courbe permettant de traverser le talweg du ruisseau provenant de Axpe, ville établie dans la vallée. Le remblai, élévation artificielle pour aplanir le chemin du train, constitue un magnifique mirador donnant sur cette vallée. Une fois le talweg dépassé, la plateforme ferrée traverse la route allant à Axpe. Nous avons alors l’occasion de nous rendre, en empruntant cette route (à gauche), à l’ermitage et le quartier de Santiago, où de bons restaurants corroborent la réputation de la gastronomie basque.
De retour à la voie verte, celle-ci devient plus inclinée et s’étend en terrasses sur le versant montagneux à droite, à une certaine hauteur, au-dessus de la rive gauche de la rivière. Ce tronçon offre une vaste vue panoramique sur la vallée avec ses fermes dispersées mais également la fraîcheur estivale et le chromatisme automnal des noisetiers, chênes, pins, châtaigniers et aulnes qui profilent le chemin. La promenade élevée continue par un talus haut et long qui culmine par le passage au-dessus de la route BI-4332 (km 3), au pied de la ville de Arrazola. Le passage supérieur, où nous pourrons assouvir notre soif dans une fontaine bienvenue, est un mirador exceptionnel sur le clocher de San Miguel et la ferme de Urrutia (XVIe siècle), l’une des plus anciennes de Biscaye en vertu de son origine gothique-renaissantiste.
À pied ou en vélo entre monts et légendes
Ce passage supérieur au-dessus de la route est également le meilleur endroit pour apprécier dans toute son étendue le versant est, le plus abrupt de Anboto. Là se trouve la grotte de « Anbotoko Mari », la Dame de Anboto, déesse de la mythologie basque qui personnifie la mère Terre. Les légendes racontent que Mari aimait être dans sa grotte, décorée d’objets en or et de pierres précieuses, démêlant ses longs cheveux blonds à l’aide d’un peigne en or ; qu’elle avait l’habitude d’enlever les jeunes filles désobéissantes auxquelles elle apprenait à filer pendant sept ans ou encore qu’elle changeait capricieusement de forme : parfois elle apparaissait comme un arbre au visage humain, d’autres fois comme une femme aux pattes de chèvre et serres de rapace.
La voie contourne le centre-ville de Arrazola, élevé sur le flanc montagneux où l’on peut voir la tour et le moulin de Ibarra (XVIIIe siècle), conservant encore ses machines. Ensuite elle quitte cette ville entre des arbres fruitiers colorés alors qu’elle laisse derrière elle la ferme de Ollargane, sur la façade de laquelle apparaissent le nom de Pedro de Albayalde et l’année 1519, la date inscrite dans la pierre la plus ancienne de Biscaye.
À la fin de ce tronçon, la plateforme ferrée retraverse la rivière Arrazola et parvient à l’ermitage de San Roque (km 4,5), situé aux portes de l’entrée de la vallée de Arrazola. Ombragés par de hauts platanes centenaires, à côté de l’ermitage, se trouvent des bancs, une fontaine et un vaste parking utilisé par les clients du restaurant se situant là, de l’autre côté de la route, dans l’imposante ferme de Makatzeta. L’ermitage populaire de San Roque présente un calvaire avec la typique porte en barres de bois qui laissent voir le saint. À l’intérieur on célèbre une messe chantée et une procession pour San Roque. Bien qu’autrefois on s’y rendait également à la saint Gregorio (9 mai), pour bénir l’eau que l’on versait ensuite sur les jardins et qui améliorait les récoltes.
Depuis l’ermitage on perçoit nettement « l’œil de Bentaneta », une cavité karstique produite par l’action de l’eau sur la roche calcaire de Anboto. Les gens disent que lorsque le soleil se couche, l’astre roi régale encore à Atxondo un dernier rayon à travers ce trou.
L’itinéraire arrive à sa fin et à la partie la plus agreste de son parcours. À partir de l’ermitage de San Roque, la voie verte s’introduit pleinement dans la gorge à la tête de la vallée de Arrazola, serrée entre les pâturages qui montent vers Anboto et un versant montagneux couvert de luxuriants frênes, acacias, aulnes, bouleaux, pins et noyers qui font également de l’ombre du marcheur.
Avec aussi peu d’espace, la voie verte et le courant cristallin de la rivière vont de pair et montent main dans la main jusqu’à parvenir à la gare de Errotabarri ou El Tope (km 5), dans les environs de laquelle se trouvent les restes des fours de calcination ainsi qu’un petit village minier. Depuis l’ancienne gare, levée de ses ruines pour accueillir une aire de loisirs avec toilettes, tables de pique-nique et fontaine, les plus curieux peuvent prolonger l’excursion à pied par la piste forestière qui, pénétrant encore plus dans le ravin de Arrazola, permet d’atteindre, un demi-kilomètre plus haut, les mines dont on extrayait jusqu’en 1920 le fer et le cuivre.